Sunday, September 12, 2010

Stalker me

"Il y a certaines expériences de l'ennui dont on se débarrasse quand elles sont terminées. Mais on ne se débarrasse pas de l'ennui de Stalker (Andrei Tarkovsky, 1979). L'ennui de Stalker pénètre sous les vêtements et jusque dans les porcs. On le traîne avec soi pendant des jours. On en porte même l'odeur. Albert avait vu le film deux fois, en russe avec des sous-titres anglais. La première fois, il avait seulement été déprimé. Mais ce dès le début du film. Le générique l'avait déjà déprimé. La seconde fois, il avait constaté le lendemain des altérations morbides sur sa peau. De petites inflammations rondes à l'intérieur des cuisses et sur les poignets, qui suintèrent d'abord et formèrent ensuite de la moisissure ou une sorte de mildiou. Le dermatologue l'avait traité à la cortisone, ce qui avait été efficace, heureusement. La cortisone était un moyen efficace contre Stalker. Le médecin lui avait auparavant demandé s'il avait été en contact avec des substances chimiques ou s'il était allé sous les tropiques. Albert avait dit non et s'était déclaré perplexe. Il n'avait pas mentionné Stalker."

L'amour terrestre, Hans-Ülrich Treichel.

Rémy Russotto