Undressing Claudia Cardinale
Le plus beau film récent, paru en français, est sans aucun doute Claudia Cardinale. Il s'agit d'un dialogue entre l'actrice éternelle et l'écrivain Alberto Moravia (Flammarion 2010, 81 pages). Dès les première lignes et les premières questions, il est clair que la méthode d'interrogation utilisée par l'auteur italien n'est pas conspiratrice, malade et cigüe c'est-à-dire socratique, c'est-à-dire mortellement sérieuse, mais wittgensteinienne et godardienne, c'est-à-dire, comique. Son caractère comique tient tout entier dans son idiotie tautologique. Cette idiotie tautologique qui montre que, quand Claudia Cardinale est nue au lit, Claudia Cardinale est nue au lit, a une fonction: dévoiler l'évidence. Donc ne pas faire le malin comme Socrate, et montrer que rien ne tient sinon l'ambiguïté, le voile, l'ombre, le cache, le doute et le dialogue. Mais faire l'idiot comme Jean-Luc Godard et tenter l'évidence, c'est-à-dire le monologue à deux. Tout ce que l'on peut dire de Claudia Cardinale, qui a 23 ans au moment du dialogue, se ramène à Claudia Cardinale et à elle seule. Elle c'est tout, c'est-à-dire le monde, l'univers, l'éternité, l'évidence, etc.
Rémy Russotto

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