Sofia Coppola
La beauté du Parrain III (Francis Ford Coppola, 1990) n'est pas étrangère à la présence de Sofia Coppola. Le film superbe s'avance lentement jusqu'à faire de l'actrice, sinon son personnage principal, du moins sa pointe extrême. Les trois épisodes du Parrain semblent soudain n'avoir qu'une fonction: parvenir à la fin, tuer la fille. Car Francis Ford Coppola tue sa fille à la fin du film. Et l'actrice, plutôt que de s'opposer à sa mise à mort, l'accepte et fait de cette mort partie intégrante de sa nature. Elle est durant tout le film langueur mortifère. L'actrice italienne imprime la pellicule de sa présence charnelle à faire réveiller les morts. Elle est d'ombre et de lumière. Elle a cette paresse sexuelle. Plus tard, elle saura faire de cette nature, et de l'étrange forme de libération que lui aura offerte son père en l'assassinant devant tous, la matière de ses films. The Virgin Suicides (1999) sera son premier film. Les autres viendront lentement prolonger cette pâleur, cette noirceur un peu sicilienne, cette langueur mortifère dans lesquelles les films de son père l'avaient généreusement baignée.
Rémy Russotto
Rémy Russotto

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