Hugh & Drew
Ringard, has been ? Et si on rayait les termes du dictionnaire ? Terminé, envolé, effacé, comme ça. Qui croit d’ailleurs qu’on est vraiment ringard, on est toujours l’has been d’un autre, après tout, donc de personne. Les modes à quoi ça sert sinon à s’inventer pour un moment qui meurt mais qu’on peut toujours réactualiser, raviver, moins par nostalgie que par l’émotion essentielle qui nous liait à elles. Rien n’est ringard, tout est potentiellement has been, aucun sens, vague idée du temps linéaire, des tendances, souvent paradoxales. Comme dans Music and Lyrics (Le come-back), le fabuleux film de Marc Lawrence, on peut toujours éviter les pièges du passé. On peut revenir, infiniment, à la façon de Hugh Grant, l’ex chanteur de pop, tendance Wham, qui mieux qu’accepter le rôle dans lequel on a voulu le figer, préfère s’en amuser avec élégance. Music and lyrics c’est une question d’alchimie, l’éternelle rencontre d’Elle et lui. Elle les paroles, lui la mélodie, pour un rendez-vous on top of the world, top of the charts. Drew Barrymore et Hugh Grant contre Cary Grant et Deborah Kerr, c’est possible. Rien n’est impossible avec le patron hollywoodien de la comédie romantique. C’est un patron magnifique, unique, il permet toutes les variations possibles, des retours multiples, à toutes les époques, même en passant par la télévision, comme dans Music and lyrics, sans qui il n’aurait jamais existé. Les tubes ne meurent jamais, c’est simple et authentiquement démocratique, populaire, à l’image de Music and lyrics, ce film réjouissant, lumineux, qui nous offre un peu d’éternité. Mieux, un regard par lequel nous pouvons conjurer les modes, le temps, la mort. Hollywood, liberté ? Forever.

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