Les couleurs de Sharon Stone
Tout Broken Flowers de Jim Jarmush (2005) est illuminé par la présence de Sharon Stone. Trois ou quatre minutes suffisent à l'actrice pour rendre le film plus grand. Alors que Bill Murray s'attache pendant deux heures à réinitialiser à l'envers la méthode de l'Actors Studio en sous-jouant à ce point que la méthode popularisée par Lee Strasberg, une fois encore, c'est le grand-guignol, Sharon Stone rend un rôle étroit plus large. Supposée incarner une mère de famille ringard au supposé mauvais goût trop évident, habitée et habillée intégralement par le rose et les voitures de course, abandonnée par son mari, supposée offrir au spectateur la possibilité de constater sa supériorité sociale et intellectuelle sur son personnage, Sharon Stone non seulement incarne complètement le rôle, c'est-à-dire le respecte, mais elle le respecte à ce point aussi qu'avec tendresse, gentillesse et amour, elle rend contagieux les sourires qu'elle nous tend. Sourires bleu, vert et rose. Tous importent à la fois. Par-delà le bien et le mal.
Rémy Russotto
Rémy Russotto

<< Home